Composées entre la fin du IIIᵉ et le début du IIᵉ s. a.C., les comédies latines de Plaute constituent un corpus majeur pour l’étude des représentations de l’hospitalité dans la Rome républicaine. Cet auteur comique recourt fréquemment à une terminologie spécifique de l’hospitalité (hospes, hospitium et tessera hospitalis) qui est attestée dans une centaine d’occurrences et qui s’inscrit dans un lexique plus large encore, soit celui de la désignation plautinienne de l’étranger1. Il en ressort un lexique riche et varié qui, loin de renvoyer à une conception uniforme de l’hospitalité, pourrait au contraire recouvrir une diversité de pratiques et de situations d’accueil, étroitement liées au fonctionnement de l’intrigue comique des pièces.

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Si l’ensemble de ces occurrences mérite une étude d’ampleur, le Poenulus constitue à nos yeux un terrain d’observation privilégié pour appréhender la polyvalence du vocabulaire latin de l’hospitalité chez Plaute. En effet, cette comédie se distingue par un emploi particulièrement diversifié de ce lexique, que Plaute met au service de l’intrigue. Cette polysémie semble d’ailleurs résulter d’un choix délibéré de l’auteur. L’examen des différents emplois de ce vocabulaire dans la pièce permettra dès lors d’identifier les diverses réalités qu’il recouvre et d’en dégager les implications dans le déroulement dramatique. Ainsi, ce billet entend démontrer que, si Plaute mobilise le vocabulaire de l’hospitalité pour représenter la relation d’hospitium dans sa forme pleinement constituée, il exploite également sa connotation particulière pour mettre en scène la rencontre avec l’étranger de passage, sous des formes variées et au service de l’intrigue.
- Représente un pacte d’hospitium
La scène de reconnaissance du lien d’hospitium entre Hannon et Agorastoclès constitue sans doute la plus claire illustration de l’emploi du vocabulaire de l’hospitalité chez Plaute. Les trois termes mentionnés plus haut (hospes, hospitium et tessera hospitalis) y sont employés et explicitement croisés. Cette mise en scène de l’hospitalité fait appel à sa forme traditionnelle, entendue comme un lien personnel, réciproque et durable, antérieurement établi entre deux hôtes de cités différentes, et qui implique des obligations d’accueil, de protection et d’assistance mutuelle2.
La scène se déploie ainsi : Hannon, Carthaginois de passage dans la cité étolienne de Calydon, rencontre pour la première fois Agorastoclès. Tous deux ignorent encore le lien d’hospitium dont ils héritent et ce n’est qu’au moment où Hannon présente sa tessère d’hospitalité qu’ils en prennent connaissance. Dans les vers 1040 à 1055, le terme hospes désigne dès lors les individus qui sont liés par la relation d’hospitalité, se rapportant aussi bien à celui qui accueille qu’à celui qui est destiné à être accueilli. Hospitium, pour sa part, renvoie à la relation qui unit ces deux hospites, fondée sur un accueil réciproque et qui, en l’occurrence, s’avère héréditaire, comme en témoigne ce passage où l’on peut observer l’usage conjoint de ces deux différentes notions (Poenulus, v. 1050 – 1055) :
HA. O mi hospes, salue multum ! nam mihi tuus pater Patritus ergo / hospes Antidamas fuit. / <AG.> Ergo hic apud me hospitium tibi praebebitur ; Nam haud repudio hospitium neque Carthaginem; Inde sum oriundus.
HA. Ô mon cher hôte, que j’ai plaisir à te saluer ! Car ton père Antidamas était mon hôte, après avoir été l’hôte de mon père. Nous avions échangé cette tessère d’hospitalité. / AG. Hé bien, tu recevras l’hospitalité ici chez moi. Je ne veux renier ni ce lien, ni Carthage mon pays3.
Enfin, tessera hospitalis, dans ce contexte, qualifie le petit objet à la forme immédiatement reconnaissable, qui symbolise le lien d’hospitium et qui permet aux deux hospites, jusque là inconnus l’un de l’autre, de se reconnaître comme héritiers de ce lien4. Cette articulation lexicale est d’ailleurs parfaitement illustrée dans le passage qui précède le précédent, lorsque l’échange et la reconnaissance de la tessère d’hospitalité d’Hannon est mise en scène par Plaute (Poenulus, v. 1048 – 1052) :
HA. […] tesseram / conferre si uis hospitalem, eccam attuli. / AG. Agendum, huc ostende. Est par probe quam habeo domi. / HA. O mi hospes, salue multum ! Nam mihi tuus pater / patritus ergo hospes Antidamas fuit.
HA. […] si tu veux comparer la tessère d’hospitalité, la voici, je l’ai apportée. / AG. Oui, faisons-le ; montre-la ici. Elle correspond à celle que j’ai chez moi. / HA. Ô mon hôte, salut à toi mille fois ! Car ton père, mon hôte paternel donc, fut Antidamas.
Comme le montre cet extrait, Plaute mobilise le vocabulaire de l’hospitalité pour orchestrer la rencontre entre Hannon et Agorastoclès. Il en résulte une relation d’accueil codifiée, durable, et potentiellement matérialisée par une tessère. En recourant à cette mise en scène fondée sur les normes traditionnelles de l’hospitalité, l’auteur comique permet au public romain de percevoir immédiatement la nature du lien entre les personnages et les attentes qui en découlent.
Si Plaute s’appuie sur une réalité sans doute familière à son auditoire pour représenter la relation entre un citoyen de Calydon et un étranger de passage, il ne limite pas pour autant l’usage de ce lexique à ce seul cadre. D’autres passages du Poenulus montrent en effet que les termes hospes et hospitium peuvent être employés de manière plus large, parfois sans renvoyer à une relation d’hospitalité constituée. Dans de tels cas, Plaute, loin d’élargir le sens de ce vocabulaire, en exploite néanmoins la connotation d’accueil afin de désigner l’étranger selon des valeurs variables, et ce, avec des objectifs qui diffèrent selon le contexte de l’intrigue.
- Désigner l’étranger de passage : hospes comme cadre relationnel anticipé
Parmi ces autres emplois, hospes est chez Plaute fréquemment mobilisé dans un sens strictement fonctionnel. Dépourvu de toute implication hospitalière, il désigne alors un simple étranger de passage. Un tel emploi se manifeste d’ailleurs dès le début de la scène de rencontre entre Hannon et Agorastoclès présentée plus haut, avant même l’échange de la tessère et la reconnaissance du lien d’hospitium unissant les deux personnages. Dans cette première interaction, Hannon feint de ne pas maîtriser la langue latine et s’exprime en punique, tandis qu’Agorastoclès tente de communiquer avec lui par l’intermédiaire de Milphion, qui prétend comprendre cette langue étrangère (Poenulus, v. 995 – 1005) :
MI. Hannonem se esse ait Carthagine […] / HA. Auo. / MI. Salutat […] / <AG.> Saluta hunc rusus Punice uerbis meis […] / MI. Auo donnim […] / HA. Me<s>har bocca. […] / AG. Quid ait ? / MI. Miseram esse praedicat buccam sibi. Fortasse medicos nos esse arbitrarier. / AG. Si est, nega esse; nolo ego errare hospitem […] / AG. Sic uolo Profecto uera cuncta huic expedirier. Roga, numquid opus sit.
MI. Il dit qu’il est Hannon, natif de Carthage […] / HA. Auo. / MI. Il te salue […] / AG. Rends-lui son salut de ma part en punique […] / MI. Auo donni […] / HA. Me har bocca […] / AG. Que dit-il ? / MI. Il dit qu’il a mal à la bouche. Il nous prend peut-être pour des médecins. / AG. Si c’est cela, dis-lui que nous n’en sommes point; je ne veux pas induire en erreur un étranger […] / AG. C’est que je veux très positivement qu’on ne lui dise rien que la vérité. Demande-lui s’il a besoin de quelque chose.
Dans le contexte de ce passage, le terme hospes peut à première vue fonctionner comme un marqueur d’altérité, signalant l’origine extérieure d’Hannon. Au‑delà d’une simple interpellation qui lui serait adressée, il s’agit plutôt d’une qualification portée à son sujet par Agorastoclès. Cette configuration confère alors au terme une valeur descriptive qui, comme l’a mis en lumière Ph. Gauthier5, peut dès lors servir à désigner l’altérité d’un individu de passage, dépourvu de statut juridique et de logement dans la cité où il séjourne6. Il peut ainsi s’inscrire dans le registre plus large de la typologie de l’étranger chez Plaute, aux côtés de barbarus et de peregrinus7.
Lorsqu’il apparaît employé de la sorte, hospes semble toutefois aussi véhiculer une valeur distincte de celles qui sont associées aux deux autres termes de l’altérité. À titre de comparaison, la notion de barbarus sert surtout, chez Plaute, à souligner une identité étrangère forte et connotée8, généralement en raison de la langue, et sous-entend dès lors une forme de mépris d’ordre culturel9. D’après P. Sarr, cet emploi relève cependant d’un emploi circonstanciel, dans la mesure où l’étranger de passage est, dans les comédies plautiniennes, le plus souvent désigné par le terme de peregrinus10. Celui-ci, en effet, désigne l’étranger de manière plus neutre, dans un sens juridique ou géographique et sans connotation péjorative, mais sans impliquer non plus une relation privilégiée (Poenulus, v. 175 ; 557 ; 656 ; Menaechmi, v. 723).
À l’inverse de ces deux notions, hospes, même employé dans son acception la plus simple, semble constituer une manière d’interpeller ou de nommer l’étranger de manière valorisante, ce qui peut parfois suggérer une forme de familiarité ou de respect tacite entre les personnages. Dans le passage considéré, cette connotation méliorative apparaît notamment dans l’insistance explicite d’Agorastoclès à ne pas vouloir tromper Hannon (Poenulus, v. 1005 ; 1007), une attention qui se trouve précisément matérialisée par cet emploi du terme hospes. Cet usage semble par ailleurs répondre à des fins narratives, dans la mesure où Plaute prend implicitement le contrepied de son motif ordinaire selon lequel l’étranger de passage, et le peregrinus tout particulièrement, constitue la cible privilégiée des ruses et des tromperies, de la part des courtisanes notamment11. Ce décalage trouve par ailleurs une manifestation explicite dans le passage suivant, lorsque Hannon révèle sa maîtrise du latin et démasque la fausse compréhension du punique de Milphion. Méfiant à l’égard des intentions de ce dernier, c’est sous le terme de peregrinus qu’Hannon désigne alors sa propre situation. Ce choix lexical permet dès lors à Plaute d’activer, auprès du public, une notion qui renvoie sans doute à une condition de vulnérabilité et de danger (v. 1026 – 1032) :
HA. Gunebel balsameni erasan. / AG. Narra, quid est ? Quid ait ? / MI. Non hercle nunc quidem quicquam scio. / HA. At ut scias, nunc dehinc latine iam loquar. Seruom hercle te esse oportet et nequam et malum, Hominem peregrinum atque aduenam qui inrideas.
HA. Gunebel balsameni erasan. / AG. Raconte; qu’y a-t-il ? que dit-il ? / MI. Ma foi, maintenant je n’y comprends plus rien. / HA. Eh bien ! Pour que tu comprennes, je vais désormais parler latin. Il faut, par Hercule, que tu sois un vaurien, un méchant esclave pour t’amuser aux dépens d’un étranger, d’un voyageur.
Si l’emploi d’hospes ne renvoie pas encore, dans ce passage du Poenulus, à un lien d’hospitium formellement identifié et reconnu, il paraît toutefois fonctionner comme une anticipation verbale de la relation que le locuteur souhaiterait ou pourrait instaurer, laissant deviner manifestement les bénéfices sociaux et matériels qui y sont rattachés. Le terme paraît donc conserver au fond la charge relationnelle propre à la relation d’hospitium, mais celle-ci est mobilisée de façon anticipée et pragmatique, comme s’il s’agissait d’instaurer d’emblée, entre les interlocuteurs, un cadre relationnel plus favorable que celui qui s’applique généralement au peregrinus. Une logique comparable apparaît plus tôt dans le Poenulus, lorsque Lycus, rencontrant pour la première fois l’esclave déguisé en étranger sous le nom de Collybiscus, s’empresse de le qualifier d’hospes pour capter sa faveur (Poenulus, v. 685‑688).
- Tromper l’étranger : un hospitium mercantile ?
Dans le passage en question (v. 672 – 715), Plaute pousse toutefois plus loin encore l’ambiguïté du vocabulaire de l’hospitalité. Lycus détourne en effet le principe même d’hospitalité pour dépouiller cet individu, persuadé qu’il transporte une bourse de trois cents philippi (Poenulus, v. 672‑673). Dans ce passage, hospitium désigne simplement l’hébergement offert à un étranger, sans qu’aucun lien préalable n’unisse les deux protagonistes (Poenulus, v. 672 – 673) :
LY. Opsecro hercle hortamini, ut deuortatur ad me in hospitium optumum.
LY. Je vous en supplie, par Hercule ! conseillez-lui de descendre chez moi ; il ne trouvera pas meilleur gîte.
Au contraire du pacte d’hospitalité réciproque qui unit Hannon et Agorastoclès (v. 1040 – 1055), celle que propose Lycus est un accueil intéressé. Il cherche à détourner l’étranger de sa route (deuortatur), pour lui faire miroiter l’hospitalité et s’emparer de sa bourse une fois qu’il sera chez lui. Dans la réplique où Lycus offre l’hospitium, en réalité trompeuse, Plaute reprend le même vocabulaire de l’hospitalité, mais il en infléchit le sens en fonction de la ruse. Ainsi, Lycus commence par saluer Collybiscus en se présentant comme un hospes qui rencontre son hospes, avant de lui proposer l’accueil (Poenulus, v. 685 – 688) :
LY. Blande hominem compellabo. hospes hospitem / Salutat. salvom te advenire gaudeo […] Hospitium te aiunt quaeritare.
LY. Flattons-le dès l’abord. Reçois, mon cher hôte, le salut de l’hospitalité / Je suis heureux de te voir arriver en bonne santé. […] On dit que tu cherches un gîte.
Comme nous l’avons vu précédemment, hospes fonctionne ici comme un marqueur discursif positif destiné à amorcer la relation, tandis que hospitium désigne l’accueil proposé, que Plaute transforme délibérément en hébergement mercantile. En échange d’un logis, d’un repas et de soins, Collybiscus se montre prêt à verser l’intégralité de sa fortune de voyage (Poenulus, v. 713 – 715) :
CO. Age accipe hoc sis; heic sunt numerati aurei/ Trecenti nummi, qui vocantur Philippei. /Hinc me procura; propere hosces apsumi uolo.
CO. Tiens, prends ceci, si tu veux bien ; il y a là-dedans trois cents écus d’or bien comptés, de ceux qu’on appelle des philippes. Soigne-moi bien pour prix ; je veux qu’ils soient lestement expédiés.
En définitive, cette scène de tromperie fait apparaître les termes hospes et hospitium dans un emploi singulier. Plaute les mobilise pour figurer un accueil de nature mercantile, dissimulé sous les dehors de l’hospitalité et destiné à dépouiller un étranger. L’auteur en propose ainsi un usage détourné, voire en rupture avec leur acception d’origine, qu’il met habilement au service de son intrigue.
Conclusion
L’examen de ces différentes occurrences dans le Poenulus montre que Plaute mobilise le lexique de l’hospitalité à des fins dramaturgiques variées. S’il l’emploie pour mettre en scène la reconnaissance d’un lien d’hospitalité formalisé entre Hannon et Agorastoclès, il en élargit également la portée. Le terme hospes ne désigne pas seulement les partenaires d’une convention d’hospitium, mais s’applique plus largement à l’étranger de passage, dont la rencontre avec un habitant peut donner lieu à un hébergement circonstanciel. Enfin, un passage révèle une exploitation encore plus poussée de cette polysémie. À rebours de l’accueil réciproque qui fonde normalement la pratique de l’hospitalité, l’hospitium devient le ressort dramatique d’une ruse dirigée contre Collybiscus, transformé en accueil mercantile offert à l’étranger qui cherche un toit.
Cette étude de cas montre que plusieurs usages des termes hospitium et hospes coexistent au sein d’une comédie de Plaute et qu’ils jouent un rôle structurant dans la construction des intrigues. Si à l’origine il désigne un pacte d’hospitium, Plaute en étend l’usage à d’autres relations avec des étrangers de passages, toujours au service de l’intrigue.
Annexe
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Vers |
Terme décliné |
Passage |
Traduction française (A. Ernout, CUF) |
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75 |
hospitalem |
Ille qui surripuit puerum, Calydonem auehit ; / Vendit eum domino hic diuiti quoidam seni, / Cupienti liberorum, osori mulierum / Emit hospitalem is filium inprudens senex / Puerum illum, eumque adoptat sibi pro filio / Eumque heredem fecit, quom ipse obiit diem. |
L’homme qui avait dérobé l’enfant, l’emmène à Calydon, le vend comme esclave à un vieux richard qui voulait des enfants, mais détestait les femmes. Cet enfant qu’acheta le vieillard c’était, sans qu’il le sût, le fils de son hôte. Il l’adopte comme fils, et en fit son héritier quand vint son dernier jour. |
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119 |
hospes |
Ehem, paene oblitus sum relicuom dicere. / Ille qui adoptauit hunc pro filio sibi. / Is illi Poeno huius patruo hospes fuit. |
Ah ! J’allais oublier de vous dire le reste. Le vieillard qui a fait du jeune homme son fils adoptif fut jadis en relation d’hospitalité avec l’oncle de Carthage. |
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672 |
hospitium |
ADV. Immo, ut ipse nobis dixit, quo accures magis, / Trecentos nummos Philippos portat praesidi. / LY. Rex sum, si ego illum hodie ad me hominem adlexero. / ADV. Quin hicquidem tuus est. / LY. Opsecro hercle, hortamini / Vt deuortatur ad me in hospitium optumum. |
Un témoin. — Ha ! Encore ceci qu’il nous a dit, pour que tu veilles davantage au grain : il apporte en renfort trois cents Philippe d’or. / Leloup. — Je suis un roi, si j’attire l’homme aujourd’hui chez moi. Un témoin. — Comment donc ? Il est à toi, sûrement. / Leloup. — Je vous en supplie, par Hercule, conseillez-lui de descendre chez moi ; il ne trouvera pas meilleur gîte. |
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678 |
hospites |
ADV. Neque nos hortari neque dehortari decet / Hominem peregrinum; tuam rem tu ages, si sapis. / Nos tibi palumbem ad aream usque adduximus. / Nunc te illum melius<t> capere, si captum esse uis. / CO. Iamne itis ? Quid quod uobis mandaui, hospites ? |
Un témoin. — Ce n’est pas à nous de le conseiller ou de le déconseiller lui, un étranger ; tu feras ton affaire toi-même, si tu as un peu de bon sens. Nous t’avons amené le pigeon jusqu’auprès de ton aire ; c’est à toi de le prendre, si tu veux qu’il soit pris / Collybiscus. — Vous partez déjà ? Et le service que je vous avais demandé, mes hôtes ? |
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685 |
hospes |
LY. Blande hominem compellabo |. Hospes hospitem / Salutat ; saluom te aduenire gaudeo. / CO. Multa tibi di dent bona, quom me saluom esse uis. / LY. Hospitium te aiunt quaeritare. / CO. Quaerito. |
Leloup — Flattons-le dès l’abord. Reçois, mon cher hôte, le salut de l’hospitalité. Je suis heureux de te voir arriver en bonne santé ! / Collybiscus. — Que les dieux te comblent de biens, pour l’intérêt que tu prends à ma santé ! / Leloup. — On dit que tu cherches un gîte. / Collybiscus. — On dit vrai. |
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685 |
hospitem |
LY. Blande hominem compellabo |. Hospes hospitem / Salutat ; saluom te aduenire gaudeo. / CO. Multa tibi di dent bona, quom me saluom esse uis. / LY. Hospitium te aiunt quaeritare. / CO. Quaerito. |
Leloup — Flattons-le dès l’abord. Reçois, mon cher hôte, le salut de l’hospitalité. Je suis heureux de te voir arriver en bonne santé ! / Collybiscus. — Que les dieux te comblent de biens, pour l’intérêt que tu prends à ma santé ! / Leloup. — On dit que tu cherches un gîte. / Collybiscus. — On dit vrai. |
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688 |
hospitium |
LY. Blande hominem compellabo |. Hospes hospitem. / Salutat ; saluom te aduenire gaudeo. / CO. Multa tibi di dent bona, quom me saluom esse uis. / LY. Hospitium te aiunt quaeritare. / CO. Quaerito. |
Leloup. — Flattons-le dès l’abord. Reçois, mon cher hôte, le salut de l’hospitalité. Je suis heureux de te voir arriver en bonne santé ! / Collybiscus. — Que les dieux te comblent de biens, pour l’intérêt que tu prends à ma santé ! / Leloup. — On dit que tu cherches un gîte. / Collybiscus. — On dit vrai. |
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691 |
hospitium |
<LY.> Ita illi dixerunt qui hinc a me abierunt modo, / Te quaeritare a muscis. / CO. [Ah,] minime gentium. / LY. Quid ita ? / CO. Quia, <a> muscis si mihi hospitium quaererem, / Adueniens irem in carcerem recta uia. / Ego id quaero hospitium, ubi ego curer mollius / Quam regi Antiocho | oculi curari solent. |
Leloup. — Il paraît aussi — du moins c’est ce que m’ont dit les gens qui viennent de me quitter — que tu en cherchais un à l’abri des mouches. / Collybiscus. — Pas du tout. / Leloup. — Comment ? / Collybiscus. — Si je voulais un gîte à l’abri des mouches, dès mon arrivée, je serais allé à la prison tout droit. Je cherche un gîte où je sois plus douillettement soigné qu’on ne soigne les yeux du roi Antiochus. |
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693 |
hospitium |
<LY.> Ita illi dixerunt qui hinc a me abierunt modo, / Te quaeritare a muscis. / CO. [Ah,] minime gentium. / LY. Quid ita ? / CO. Quia, <a> muscis si mihi hospitium quaererem, / Adueniens irem in carcerem recta uia. / Ego id quaero hospitium, ubi ego curer mollius / Quam regi Antiocho | oculi curari solent. |
Leloup. — Il paraît aussi — du moins c’est ce que m’ont dit les gens qui viennent de me quitter — que tu en cherchais un à l’abri des mouches. / Collybiscus. — Pas du tout. / Leloup. — Comment ? / Collybiscus. — Si je voulais un gîte à l’abri des mouches, dès mon arrivée, je serais allé à la prison tout droit. Je cherche un gîte où je sois plus douillettement soigné qu’on ne soigne les yeux du roi Antiochus. |
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955 |
hospes |
HA. […] Sed hic mihi antehac hospes Antidamas fuit. |
Hannon. — […] J’avais autrefois dans cette ville un hôte, Antidamas. |
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958 |
tesseram hospitalem |
HA. […] Ad eum hospitalem hanc tesseram mecum fero |
Hannon. — […] J’apporte avec moi, pour la lui remettre, cette tessère d’hospitalité. |
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1005 |
hospitem |
AG. Si est, nega esse ; nolo ego errare hospitem. |
Agorastoclès. — Si c’est cela, dis-lui que nous n’en sommes point [des médecins] ; je ne veux pas induire en erreur un étranger. |
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1041 |
hospitium |
HA. Habeo gratiam. / [Verum ego hic hospitium | habeo; Antidamae filium Quaero – commostra, si nouisti – Agorastoclem.] / Sed ecquem adulescentem tu hic nouisti Agorastoclem ? |
Hannon. — Je te remercie. [Mais j’ai ici des liens d’hospitalitmeié : je cherche le fils d’Antidamas ; montre-le-moi, si tu le connais, un certain Agorastoclès]. Mais connais-tu dans cette ville un jeune homme du nom d’Agorastoclès ? |
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1047 |
tesseram hospitalem |
HA. Si itast, tesseram / Conferre si uis hospitalem, eccam attuli. |
Hannon. — S’il en est ainsi, au cas où tu voudrais confronter nos tessères d’hospitalité, voici la mienne, je l’ai apportée |
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1050
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hospes |
HA. O mi hospes, salue multum ! Nam mihi tuus pater / Patritus ergo | hospes Antidamas fuit. |
Hannon. — Ô mon cher hôte, que j’ai plaisir à te saluer ! Car ton père Antidamas était mon hôte, après avoir été l’hôte de mon père. Nous avions échangé cette tessère d’hospitalité |
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1050
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hospes |
HA. O mi hospes, salue multum ! Nam mihi tuus pater / Patritus ergo | hospes Antidamas fuit. |
Hannon. — Ô mon cher hôte, que j’ai plaisir à te saluer ! Car ton père Antidamas était mon hôte, après avoir été l’hôte de mon père. Nous avions échangé cette tessère d’hospitalité |
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1052 |
tessera hospitalis |
HA. O mi hospes, salue multum ! Nam mihi tuus pater / Patritus ergo | hospes Antidamas fuit / Haec mihi hospitalis tessera cum illo fuit. |
Hannon. — Ô mon cher hôte, que j’ai plaisir à te saluer ! Car ton père Antidamas était mon hôte, après avoir été l’hôte de mon père. Nous avions échangé cette tessère d’hospitalité |
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1058 |
hospitium |
AG. Ergo hic apud me hospitium tibi praebebitur; / Nam haud repudio hospitium neque Carthaginem; Inde sum oriundus. |
Agorastoclès. — Hé bien, tu recevras l’hospitalité ici chez moi. Je ne veux renier ni ce lien, ni Carthage mon pays. |
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1154 |
hospitium |
MI. Lachanam uos, quos ego iam detrudam ad molas, / Inde porro ad puteum atque ad robustum codicem. / Ego faxo hospitium hoc leniter laudabitis. |
Milphion (aux esclaves). — Lachanam ! En route vous autres ! Je vais vous fourrer au moulin, et de là au puits, et vous faire attacher à un bon poteau de chêne. Je vous garantis que vous n’aurez à vous louer que médiocrement de notre hospitalité. |
Bibliographie
Document antique
Plaute, Poenulus, éd. A. Ernout, Paris, les Belles Lettres, coll. « CUF », 1938 [2019].
Travaux modernes
Gauthier, Ph., « Notes sur l’hospitalité et l’étranger en Grèce et à Rome », Ancient Society, vol. 4, 1973, p. 1-21.
Le Guennec, M.-A., Aubergistes et clients. L’accueil mercantile dans l’Occident romain (IIIe s. av. J.-C. – IVe s. apr. J.-C.), Rome, École française de Rome, coll. « BEFAR », 2019.
Le Guennec, M.-A., « Hospitality and Home » dans J. Berry et A. Wallace-Hadrill (éd.), A Cultural History of the Home in Antiquity, Londres, Bloomsbury Academic, coll. « A Cultural History of the Home », 2021, p. 141-159.
Lloris, F. B. et al., « Tesseram conferre. Etruscan, Greek, Latin, and Celtiberian tesserae hospitales », Historia: Zeitschrift für Alte Geschichte, vol. 69, no4, 2020, p. 482-518.
Miquel, M., « L’étranger à Rome dans les sources littéraires du Ier siècle avant J.-C. : au miroir de la conquête », Siècles, vol, 44, 2018, https://doi.org/10.4000/siecles.3269.
Nicols, J., « The Rituals of Hospitium: The Tesserae Hospitales », dans J. Bodel et N. Dimitrova (éd.), Ancient Documents and their Contexts, Boston-Leyde, Brill, coll. « Brill Studies in Greek and Roman Epigraphy », 2014, p. 190-198.
Rousseau, E., « Théâtre et étrangers à Rome durant les derniers siècles de la République et au Haut-Empire (IIIe siècle av. J.-C. – IIIe siècle ap. J.-C.) », Mémoire de maîtrise (histoire), Université du Québec à Montréal, 2024.
Sarr, P., « L’étranger dans la comédie romaine », dans Sylvie David et Geny Evlelyne (éd.) Troïka. Parcours antiques. Mélanges offerts à Michel Woronoff, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, vol. 2, 2012, p. 269-288.
- Sarr, 2012. [↩]
- Le Guennec, 2021. [↩]
- L’édition et la traduction sont celles d’A. Ernout, publiées dans la CUF. [↩]
- Nicols, 2014 ; Lloris et al., 2020. [↩]
- Gauthier, 1973. [↩]
- Le Guennec, 2019 ; Rousseau, 2024. [↩]
- Sarr, 2012. [↩]
- Miquel, 2018. [↩]
- Sarr, 2012. [↩]
- Sarr, 2012. [↩]
- Sarr, 2012. [↩]
OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Alexis Kelly, Marc-Antoine Nolin (2 février 2026). Le vocabulaire latin de l’hospitalité chez Plaute : mettre en scène la relation avec l’étranger. HospitAm. Consulté le 15 août 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/15ltp
